Publié en 1923, ce court roman de Colette évoque un thème particulièrement tabou pour l’époque : le parcours sentimental et initiatique – y compris dans la découverte de la sexualité – de deux adolescents de 15 et 16 ans : Vinca et Philippe. Depuis leur enfance, ces derniers passent leurs vacances d’été ensemble avec leurs familles sur la côte bretonne entretenant une relation sentimentale forte dont l’évolution les questionne quand une mystérieuse dame en blanc vient perturber leur univers.
Une analyse psychologique d’une justesse remarquable adossée à un univers visuel, olfactif, d’une sensualité qui traverse tant les êtres que les paysages.
Photo de la plage de Cancale depuis le chemin de randonnée par Cancale 35 (CC/BY/SA ; wikimedia commons).
Extraits de La mer de C. Debussy (Jeu de vagues), interprété par l’orchestre de l’Armée de l’air américaine (Domaine public).
Merci cher Christian pour cette magnifique lecture. Grace à la sensibilité et à la délicatesse de votre interprétation, on a l’impression d’assister ( un peu comme des
Voyeurs même ) à l’émergence de cet amour entre ces 2 adolescents .
Bien sûr, le texte est extrêmement bien écrit , pourtant j’ai du mal à savoir si j’ai vraiment aimé cette histoire . J’ai plutôt l’impression qu’elle m’a laissé comme un petit malaise.
Un malaise d’abord avec cette relation un peu malsaine avec Mme Dalleray.
Et puis , cette fin annonciatrice probablement d’un amour réel mais sûrement jalonné de trahisons ….
Mais peut-être, est-ce parce que je l’ai « « lu » avec mes yeux d’adulte et non plus d’adolescente ….
Merci cher Christian Doucet, pour cette lecture dont l’agrément vient, comme pour toutes vos lectures, de votre voix posée d’un beau timbre, du rythme utilisé et d’un travail bien fait.
L’histoire est fort intéressante, empreinte sans aucun doute de cette “finesse d’analyse psychologique” dont parle Pauline, mais je dirais… jusqu’à un certain point! En effet, la fin ne correspond pas à ce que Colette laisse entendre de la psychologie de Phil et surtout de celle de Vinca! Il me semble que le début pourrait nous laisser envisager… “une Vinca qui vaincra”… mais non! Par conséquent une analyse psychologique, quelque peu incohérente et assez trouble tout du long… qui ne laisse rien présager de bon pour un éventuel futur mariage!
Merci, cher Christian, pour cette admirable lecture. Je n’avais jamais lu le Blé en herbe, et il ne correspond pas du tout à ce que j’attendais. C’est un texte fort, mais doux-amer – l’amertume l’emportant sans doute sur la douceur, à bien réfléchir. Tout d’abord, il y a cette asymétrie profonde, revendiquée par le garçon, acceptée par la fille. J’ai lu quelque part que “manger son blé en herbe” signifiait autrefois consommer les noces avant l’heure… et c’est bien ce qu’on imagine. Phil et Vinca se marieront sans doute, et les événements dont nous sommes témoins fixent d’avance ce que sera ce mariage, un mariage empreint d’une tendresse qui n’exclut pas les mensonges, la trahison, la soumission et le mépris. Je trouve le dernier chapitre extrêmement cruel. Quant à l’épisode de Camille Dalleray… je le trouve perturbant, comme toutes ces histoires où des adultes s’occupent de l’initiation sexuelle d’adolescents; et le fait d’apprendre que cet épisode résonne avec la liaison de Colette avec son beau-fils Bertrand de Jouvenel, âgé de 16 ans, n’a, je l’avoue, rien arrangé. Cela n’empêche aucunement la beauté et la profondeur de ce texte, la vérité des sentiments exprimés et la finesse de l’analyse psychologique et sociale. En tout cas, un superbe livre audio !
Chère Pauline,
C’est avec grand plaisir que je lis votre très pertinent commentaire. Je partage largement votre analyse de cette oeuvre dont la tendresse absolue n’est pas la caractéristique principale. En effet, l’amertume me semble la dominante d’un récit par ailleurs un peu dérangeant quant au rôle de “la dame en blanc”, comme vous le soulignez. J’avoue qu’il a fallu la levée des droits d’auteur sur l’oeuvre de Colette pour que je revienne sur ce roman; en effet, lorsque j’ai commencé à enseigner en collège, on me confiait les “petits”, mais, après l’avoir survolé, j’avais évidemment écarté ce texte qui figurait sur la liste officielle pour l’enseignement du français à un autre niveau du collège; puis j’ai passé beaucoup de temps par la suite avec les élèves de 3ème en travaillant d’autres auteurs, oubliant un peu Colette. Ce n’est qu’en le relisant il y a quelques mois pour L.A. que j’ai vraiment découvert la qualité du style et la finesse de l’analyse. Juste une remarque sur le titre: pour moi “manger son blé en herbe” signifie “dépenser par avance un bien que l’on n’a pas encore acquis” mais je suis ravi de lire la définition que vous nous communiquez . Merci à vous, Pauline, pour ce partage de vues sur l’oeuvre de Colette.
Votre voix, cher collègue 😊, fait patrie des quelques unes qui me sont les plus chères ici !
Je retrouve toujours le même titillement d’impatience, à l’heure de me plonger dans l’écoute de l’un de vos enregistrements. Votre tessiture m’évoque celle des lecteurs du temps de l’ORTF, et votre diction lente mais investie, est toujours parfaite ! J’ai retrouvé ici ce même plaisir d’écoute auquel vous m’avez habitué.
Le récit de Colette a contribué à mon plaisir, bien entendu. Quelle modernité dans l’écriture, quelle acuité à saisir les emportements, les états d’âme de ces êtres saisis à la fleur de leur âge ! Combien d’entre nous reconnaîtrons la jeune femme ou le jeune homme qu’ils furent dans les personnages de Vinca et de Phil, dans leurs épanchements, leurs explosions émotionnelles, leurs atermoiements !
J’ai particulièrement apprécié, pour conclure, votre choix d’accompagnement musical : il n’est pas seulement en accord avec le cadre maritime, mais aussi (ô combien) avec le style de Colette.
Merci à vous, donc, de tout coeur !
Cher Bruant,
Votre élogieux message me touche vraiment, d’autant qu’il émane de quelqu’un dont j’apprécie particulièrement la qualité des lectures. Je partage votre avis sur la tenue littéraire du texte; la justesse de l’observation tant dans les descriptions que dans l’analyse psychologique ne peut que convier à un retour sur soi, à une forme de nostalgie. Enfin, je suis ravi que vous ayez apprécié ces courtes vaguelettes de Debussy car le choix des habillages musicaux peut parfois me prendre un temps certain et je ne suis jamais trop sûr de mes sélections! Merci à vous et au plaisir de vous retrouver entre de nouvelles pages.
Très bien lu.
Texte superbe.
Réminiscences assurées.
Nostalgie.
Oui René-François, il y a des textes qui procurent beaucoup de plaisir à l’enregistrement et celui-ci en est un, sans aucun doute; je suis ravi que mon travail vous ait plu et vous donne rendez-vous entre de nouvelles pages.
Cher monsieur Dousset: merci pour ce cadeau de début d’année…
J’en profite d’ailleurs pour vous offrir mes vœux de bonne santé.
Votre voix est toujours bienvenue dans mes oreilles ♪*(⏓◡⏓)♫
Chère Lïat, Oui, mon intention était bien d’offrir une lecture dès le début de l’année. Alors merci pour votre toujours chaleureux message et vos voeux; en retour, je vous souhaite bonheur et santé dans un monde que l’on pourrait imaginer plus pacifique et plus solidaire… Au plaisir de partager à nouveau avec vous cette année.
Quelle belle surprise! Merci beaucoup. Toujours un plaisir de vous entendre donner vie aux personnages. Je ne m’en lasse pas.
Merci d’avoir pris le temps du commentaire et à bientôt entre de nouvelles pages.